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La sociologie est un sport de combat socialiste

Existe-t-il en France des sociologues qui ne soient pas socialistes ? Poser la question est révélatrice du détournement d’une discipline scientifique et de son instrumentalisation pour la mettre au service du militantisme le plus abjecte.

Il existe bien un Christophe Guilluy ; l’individu a mené d’honnêtes études, notamment La fracture française, publiée en 2010, dans laquelle la destruction de la société française par le mondialisme et l’invasion migratoire était démontrée ; mais Guilluy est géographe de profession, il n’est pas sociologue.

À force de chercher, il est finalement possible de découvrir UN sociologue courageux et honnête : Michel Offerlé. En France et en sociologie, le courage et l’honnêteté se traduisent par le fait de reconnaître les réalités.

Quelles sont ces réalités ? Michel Offerlé les décrits dès la première page de son livre Sociologie des organisations patronales, publié en 2009 : « En consultant la bibliographie portant sur l’action collective, on a l’impression qu’elle ne concerne que les groupes dits dominés (…) [qui s’incarneraient exclusivement] dans (…) [le] mouvement ouvrier (…). Les plus petits groupes ont droit à leurs historiens et à leurs sociologues. En revanche, du côté des groupes sociaux dits dominants (…), les recherches françaises sont clairsemées. Quelques travaux hagiographiques ou dénonciateurs se partagent le marché de la connaissance ou plutôt de la méconnaissance des groupes (…) que l’on désigne habituellement en France sous le vocable de “patronat”. Cette ignorance peut être expliquée sociologiquement. Les chercheurs en sciences sociales ont été longtemps portés, malgré les principes de neutralité (…) qui fondent leur légitimité, à travailler sur les groupes avec lesquels ils partageaient des affinités (…). Les équivalences militantes et les raccourcis théoriques aidant, travailler sur le patronat pouvait être assimilé (…) à une compromission douteuse avec “l’ennemi de classe”. La découverte d’un monde social autre pouvait mener (…) à la complexification de la représentation (…) et donc à l’euphémisation de la [théorie] de la domination de classe ». L’idéologie socialiste conditionne les études universitaires et les représentations françaises : « d’un côté un répertoire (…) de l’action (…) protestataire, parfois héroïsée, de l’autre le monde assez louche de la pression et de l’argent. D’un côté, le militantisme et ses représentations de dévouement au service » de la révolution, « de l’autre, un univers d’acteurs stipendiés défendant (…) [le] principe de la conservation et de la domination sociales ». Les études sociologiques produites en France sont militantes, « dénonciatrice[s] ou défavorable[s] » à ce que les socialistes aiment à désigner par le mot tant indexé de « patronat ».

Pour pleinement mesurer l’importance du phénomène de domination socialiste en France sur les études sociologiques, il convient de bien avoir conscience de deux caractères répandus parmi les chefs d’entreprise, les entrepreneurs, les artisans, les commerçants, les investisseurs, les industriels, et les cadres d’entreprise français : leur inculture politique et leur lâcheté ; deux caractères qui les ont empêchés de définir et d’appliquer des méthodes efficaces, et les ont souvent transformés en ce que Lénine appelait « des idiots utiles ». Ils acceptèrent, par exemple, et même finirent par revendiquer, l’appellation de « capitalistes » alors que le terme avait été indexé par les socialistes et qu’il répondait depuis lors à une définition marxiste ; ce faisant, ils légitimaient les thèses de leurs ennemis et ils acceptaient de se battre sur un terrain conceptuel et dialectique qui leur était défavorable ; le fait de faire usage de ce terme et de ne pas effectuer un travail de conceptualisation et de définition qui leur soit propre et qui leur soit favorable, condamnait les entrepreneurs et les cadres d’entreprise français à être dominés, à ne jamais parvenir à maîtriser les termes du débat, et à être dans une perpétuelle défense à l’efficacité diminuée. Apeurés et inconscients des techniques de combat politique, ces entrepreneurs et cadres d’entreprise se retranchèrent généralement dans le « secret » ou eurent recours, maladroitement, à des hagiographies, à des mises en scène.

De même que les « idiots utiles » acceptèrent et finirent par revendiquer le qualificatif de « capitaliste », les mêmes idiots acceptèrent et finirent par revendiquer celui de « patronat » ; le plus bel exemple de cette idiotie est sans doute l’appellation de l’association nationale des chefs d’entreprise français de 1945 à 1998 : le Conseil national du patronat français (C.N.P.F.).

M. Offerlé fait d’ailleurs remarquer que le « terme “patronat” [est] intraduisible dans une autre langue ».  À l’instar de l’expression « Etat providence » (inventé par un pape, Léon XIII, et dont le sens a été par la suite dévoyé par les économistes aux sympathies socialisantes), la formation et le développement du terme « patronat » sont paradoxaux. Le terme émerge dans les années 1830-1850 ; il est par la suite porté par les Leplaysiens, en référence aux saints patrons des catholiques prétendus protecteurs de groupes sociaux (tel Saint Martin pour la Gaule, ou Saint Michel pour les parachutistes, etc.). À la fin du siècle, le terme est cependant progressivement annexé et indexé par les socialistes qui l’emploient de plus en plus fréquemment pour désigner ceux qu’ils veulent exterminer et soumettre ; les révolutionnaires de la C.G.T. l’emploient dans leur manifeste de 1906 pour désigner leurs objectifs consistant à abattre l’Etat et à abolir autant le « salariat » que le « patronat » ; ce faisant, ils propagent une représentation aussi erronée qu’unifiée de ceux qu’ils désignent comme étant aussi des « capitalistes ». L’une des grandes différences internationales entre la France, d’une part, et l’Allemagne, les E.-U. d’Amérique ou la Grande-Bretagne, d’autre part, se forme alors : dans ces derniers pays, les mouvements de salariés vivent et se développent dans le Système, et ils tentent de l’infléchir et de l’influencer ; en France, en raison de l’importance prise par l’idéologie révolutionnaire, ces mouvements se créent et se structurent contre le Système. « Le terme [de « patronat » est ainsi] devenu [un] stigmate dans les bouches et sous les plumes de ses adversaires ».

La sociologie est un sport de combat socialiste universitaire_francais2

L’image provient du site Les moutons rebelles (site visualisable uniquement avec Internet explorer).
Le second visuel est tout autant explicite :

sociologie_sport-combat_socialisme031 artisan

19 octobre, 2012 à 15:51


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