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Comparaison France/Suisse

Comparaison économique France/SuisseJe me permets de reproduire des extraits d’un article publié dans le journal suisse Le Temps, écrit par Arnaud Pineau-Valencienne : 

« En 1958, la comparaison était simple entre un Français possédant 100 francs français (équivalent de 15 €uros) et son homologue Suisse possédant (…) 100 francs suisses, l’un et l’autre avaient la même somme du fait de l’égalité parfaite des taux de change. (…)

Comparer les monnaies sur une longue période (…) [reste] un excellent marqueur de la discipline budgétaire d’un pays.

Le général de Gaulle entreprend en 1958 le redressement des finances du pays laissées en piteux état par la IVe République, il maintient le cap jusqu’à son départ en avril 1969. Les finances de la France résistent aux secousses de mai 1968, dans un premier temps.

Le président Georges Pompidou dévalue le franc au début de son mandat. Mais lui-même, puis le président Valéry Giscard d’Estaing assurent la maîtrise des déficits dans un contexte difficile de la décennie 70, celui de la première crise pétrolière. A la mort du président Pompidou la dette est de 16 % du P.I.B. et de 21 % en fin de mandat du président Giscard d’Estaing. Le solde public est positif en 1979 et 1980, gage d’une courageuse gestion avant les élections présidentielles de 1981 !

Depuis, les équilibres budgétaires sont détruits, c’est le règne des déficits exorbitants, la monnaie est dévaluée plusieurs fois.

Pendant les deux septennats du président Mitterrand, la dette est passée de 21 % à 57 % du P.I.B. soit de 92 à 660 milliards d’euros. Le pays est propulsé sur le toboggan des déséquilibres financiers.

Une dette de 660 milliards d’euros en 1995 asphyxie pour longtemps les capacités de redressement du pays, le service de la dette réduit la marge d’autonomie des successeurs ! L’année 1981 marque le début du déclin de la situation économique de la France.

La création en masse des postes de fonctionnaires, la réduction du temps de travail, les départs en retraite anticipée expliquent les mauvaises performances du pays. Des charges récurrentes et croissantes alourdissent les comptes publics. (…) 

La situation ne s’améliore pas avec le président Chirac. En douze ans, la dette publique passe de 57 % à 67 % du P.I.B. soit de 660 à 1200 milliards d’euros. (…) 

La croissance mondiale apporte des surplus de recettes imprévues sur une courte période. De façon surprenante les responsables et syndicats veulent « redistribuer la cassette » !…

Aujourd’hui la dette atteint 1500 milliards d’euros.

En 2008, la crise mondiale provoque un « tsunami » sur les finances publiques de nombreux pays, sauf la Suisse qui a anticipé la situation au niveau fédéral et dans la plupart des cantons. Des programmes de réduction des déficits ont été mis en place dans les années précédentes. (…) 

Certains reprochent au premier ministre, François Fillon, son propos « la France, un pays en faillite ». Le président Sarkozy est pris dans « l’effet boule de neige » de la dette qui, ayant une certaine ampleur, se développe avec la puissance de l’avalanche.

Avec les prélèvements obligatoires les plus lourds qui existent, impôts et cotisations pénalisent sévèrement entreprises et particuliers.

Le déséquilibre budgétaire du pays s’accompagne d’une fiscalité qui se révèle aussi pesante qu’inefficace pour couvrir le déficit.

Ainsi l’I.G.F. introduit par le président Mitterrand, devenu l’I.S.F., a fait couler beaucoup d’encre. L’« Impôt sur les grandes fortunes » a une valeur de symbole, le sigle choisi n’est pas sans signification. Dans des situations particulières et fréquentes, il a un effet confiscatoire. Les effets pervers induits sont durables : certains foyers fiscaux quittent le pays pour réduire leurs charges, comme les entreprises délocalisent leur production pour diminuer leurs coûts.

Les Suisses payent l’impôt sur la fortune, mais l’égalité de traitement des citoyens impose à tous foyers fiscalisés de souscrire une déclaration de fortune. Cet impôt se substitue souvent aux droits de succession et aux impôts sur les plus-values, sans être confiscatoire.

La plupart des pays ayant eu cet impôt sur le capital l’ont abandonné, sauf la France. Lorsque l’impôt est conçu pour d’autres raisons que pour sa contribution équilibrée et équitable aux recettes de la nation, il est potentiellement dangereux.

Souvenons-nous du général de Gaulle s’adressant au P.-D.G. de Citroën en ces termes : « Notre seule possibilité de conserver un niveau de vie enviable, nous l’obtiendrons ­grâce à notre savoir-faire, à notre technique, à nos recherches. C’est cela qui nous assurera un revenu national digne de notre rang, et non pas le maintien de choses que le tiers-monde est capable de faire ». Voici une belle leçon d’économie qui reste d’une grande actualité.

Jacques Rueff s’est opposé à Keynes sur la relation qui existe entre « le chômage, les salaires et les prix ». Dès 1976, ennemi de la dette chronique, par ses analyses prémonitoires, il annonce la crise actuelle. Pour lui, le libéralisme appliqué dans le respect des règles n’est pas la cause de nos malheurs, mais « le grand secret du magicien de Cambridge » porte en lui les germes d’une crise majeure. Hélas ! les dirigeants politiques ont préféré le magicien.

Oui, les comportements laxistes, complaisants et sournoisement indolores ont pris le pas sur les exigences de l’intérêt général. Les mauvaises habitudes des déficits exagérés datent de 1981, les Français en paient aujourd’hui le prix… La Suisse a suivi Jacques Rueff, son taux de chômage est de 3 % !

Si un Français a gardé l’équivalent de 15  €uros en poche, son homologue suisse avec 75  €uros (équivalent de 100 francs suisses) est plus riche, beaucoup plus riche que lui. A qui la faute ? ».

Ma réponse : aux électeurs français qui votent systématiquement à 80 ou 90 % pour l’U.M.P. ou le P.S. ! De Gaulle appelait les Français « des veaux ! »

Vache

28 novembre, 2010 à 10:52


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