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Les « Nuits fauves » de Frédéric Mitterrand

« On nous dit que c’est sous l’influence de Carla Bruni que Sarkozy a pris conscience de l’importance de nommer à la Culture un type comme Frédéric Mitterrand. Décidément elle n’en rate pas une. Penser une seconde que les révélations autobiographiques dudit Mitterrand dans La Mauvaise vie, sur sa quête homosexuelle dans les bordels de Thaïlande, auraient pu faire sourciller le président de la République, c’est se tromper de monde.

La presse, du Monde au Nouvel Obs, avait unanimement salué la sincérité et la crudité des révélations de l’ancien présentateur de télé dans son livre sorti en 2005. Frédéric Mitterrand raconte d’abord son enfance des années cinquante, dorée et confortable mais triste, confiée aux diverses bonnes et gouvernantes. Le neveu de Mitterrand y détaille son goût pour les garçons et ses aventures d’abord clandestines. Puis sa quête éperdue de sexe tarifé qui n’est pas sans rappeler les confidences de pissotières de Cyril Collard (mort du sida) dans Les Nuits fauves.

Frédéric Mitterrand le raconte : il écume les clubs gay de Pigalle, puis du Maroc (la « Solution Maghreb »), ceux de Carthage et de Patpong : « On sert de femme de remplacement et de livret de caisse d’épargne. Les beaux gosses arrivent comme au sport et pour financer l’électroménager de leur futur mariage avec la cousine choisie par leur mère. ».

Il décrit son obsession pour les jeunes garçons et les scènes de sodomie dans les chambres sordides de Bangkok ou de Djarkarta.

Son livre s’ouvre sur l’adoption d’un enfant marocain et se referme sur les obsèques d’un ancien amant. Il « balance » peu de noms célèbres à part « ce pédé de Cary Grant » (sic). Entre ces deux « étapes », il s’épanche sur sa destination de vacances préférée, l’Asie du Sud et plus précisément les jeunes prostitués locaux : « L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système. »

Le premier chapitre soulève la question de la pédophilie de l’auteur. Certains faits relatés entretiennent l’ambiguïté. Dans une interview récente, le nouveau ministre dit sa « fierté » de la reconnaissance que lui voue un jeune Thaïlandais dont il a financé les études. En échange de rapports sexuels… Mitterrand s’empresse de préciser que le jeune garçon en question était majeur au moment des faits. En langage courant, on appelle ça de la prostitution.

Et il a vraiment demandé à chacun de ses gitons sa carte d’identité ou son livret de famille ?

Alors que la lutte contre le tourisme sexuel et l’exploitation sexuelle de la misère des enfants des pays pauvres est aujourd’hui annoncée comme une priorité pour la plupart des pays occidentaux et que celle contre la cyberpédomanie s’intensifie, a-t-on le droit de s’interroger sur la nomination à un poste phare de l’Etat d’une personnalité qui a tenu à revendiquer de telles ignominies ?

Caroline PARMENTIER », journaliste à Présent.

Article paru dans le n° de Présent du 26 juin 2009, c’est-à-dire trois mois avant que n’éclate l’affaire Frédéric Mitterrand au moment de l’arrestation de Roman Polanski en Suisse. Voyez les images ci-dessous. Vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir : 

Les « Nuits fauves » de Frédéric Mitterrand, Présent du 26 juin 2009

Les « Nuits fauves » de Frédéric Mitterrand, Présent du 26 juin 2009 (2)

29 septembre, 2010 à 15:23


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