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De Charles de Gaulle à Aymeric Chauprade

Un aspect de l’Affaire Chauprade mérite d’être approfondi : celui de l’atlantisme. Le renvoi d’Aymeric Chauprade du Collège interarmées de Défense, le renvoi de ce géopoliticien de renom – connu et reconnu tant en France qu’à l’étranger – soulève en effet deux questions importantes : celle de la liberté d’expression, d’opinion et de raison ; mais aussi celle de l’influence grandissante du lobby états-unien au plus haut niveau de l’Etat français.

Lorsqu’un simple calendrier est regardé, il apparait que la tentative de tuer professionnellement Aymeric Chauprade s’articule avec la réintégration de la France dans l’Otan. Un article du Monde du 4 février 2009, relate en effet qu’un pacte a été conclu entre l’Elysée et la Maison blanche par « le conseiller diplomatique de M. Sarkozy, Jean-David Lévitte, et le conseiller de M. Obama pour la sécurité nationale, le général James Jones ». Ce déshonneur français a été officialisé le 3 avril 2009 au cours du sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Otan qui s’est tenu à Strasbourg. Il apparait alors logique, comme l’écrit un commentateur, « qu’Hervé Morin [l'actuel ministre de la Défense], qui a compté parmi les très rares députés français à approuver l’invasion de l’Irak par les Etats‑Unis en 2003, concrétise dans les faits cette nouvelle orientation » par l’éliminaton d’un homme, Aymeric Chauprade, qui s’est toujours montré un promoteur de l’indépendance de notre pays.

Intéressons-nous à quelques personnages pour identifier de possibles relais d’influence des Etats-Unis d’Amérique au plus haut niveau de l’Etat français. Commençons par Vincent Desportes, celui qui fut chargé d’interdire à Aymeric Chauprade de continuer à enseigner. Il a été nommé directeur du Collège interarmées de Défense il y a seulement quelques mois, durant l’été 2008. Sa principale caractéristique est qu’il a séjourné durant cinq ans aux Etats-Unis d’Amérique ! En 1998-1999, Desportes est stagiaire de l’U.S. army war collège, en Pennsylvanie. En 1999-2000, il est le chef du détachement de l’Armée de terre française à Fort Monroe en Virginie ; et de 2000 à 2003, il est attaché militaire à Washington. Il a été décoré du « Meritorious service » réservé aux militaires ayant rendu d’éminents services aux Etats-Unis d’Amérique… (source principale : sa notice biographique). 

Passons à un autre officier, et non des moindres : le Chef d’état-major des Armées, le général Georgelin. Lui aussi a la particularité d’avoir été formé dans une école états-unienne ! C’est en effet ce que nous apprend un article de J.-D. Merchet de Libération, publié le 11 février dernier lors de la visite à Paris du général états-unien David Petraeus, « son ancien camarade de promotion au Command and General Staff College de l’US Army, de Fort Leavenworth (Kansas). Les deux officiers y avaient été stagiaires en 1982-83. Le général Petraeus, qui est parvenu à redresser la situation militaire en Irak, est aujourd’hui à la tête du CentCom, le grand commandement américain en charge notamment de l’Irak et de l’Afghanistan ».

Quant à l’épuration du Quai d’Orsay, elle s’était réalisée dès 2007. Plusieurs articles de Bakchich sont particulièrement instructifs à ce sujet.

Cet abaissement de la France a indigné Philippe de Villiers comme François Bayrou. Ce dernier, sur France info, a récemment évoqué en « off » « des forces puissantes qui depuis longtemps voulaient nous faire rentrer dans le rang »… « Un courant d’influence qui veut perpétuellement que nous abandonnions notre indépendance pour entrer dans l’orbite d’influence que vous savez » Laurent Fabius développe une argumentation remplie de bon sens. Pour Dominique de Villepin, ce qui est en train de se produire, « c’est véritablement la France qui passe sous les fourches caudines d’un autre pays ». Quant à Bruno Gollnisch du Front national, il pense que cette soumission de l’Armée française à l’influence des États-Unis d’Amérique, matérialise « le renoncement des autorités françaises à ce qu’elles ont pourtant la mission sacrée de sauvegarder : l’indépendance nationale. ».

Ce sont toutes ces raisons qui font que la situation peut être résumée sous la forme d’une image et d’un slogan :

Affaire Chauprade

Pour se remémorer l’Affaire et ses enjeux, voir l’Appel du 9 février dernier : Une nouvelle affaire Dreyfus : l’affaire Aymeric Chauprade.

Ajout du 27 juin 2011 : La défaite de Jean Guisnel et d’Hervé Morin ! L’affaire Chauprade se termine en effet piteusement pour les deux hommes. C’est un échec pour eux : le tribunal administratif de Paris a rendu, le 1er juin 2011, son jugement : il condamne l’épuration et les persécutions dont a été victime Aymeric Chauprade. L’information a été rendue public par un entrefilet publié dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles. Le journal rappelle que   »c’est à la suite d’un article de Jean Guisnel, journaliste au magazine Le Point, qu’Hervé Morin » avait évincé Aymeric Chauprade « le 5 février 2009 de ses cours dans les écoles militaires. Après un premier référé-liberté gagné contre le ministre le 23 mars 2009, le tribunal administratif vient donc d’ »annuler » la décision d’ Hervé Morin pour, notamment, « procédure irrégulière ». Reste à régler le préjudice moral et financier« , conclut le rédacteur du journal…

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Autrement dit, Aymeric Chauprade va certainement percevoir dans les mois qui viennent, une jolie somme d’argent. Il la percevra finalement grâce aux agissements de ceux qui ont cherché à l’éliminer : Jean Guisnel et Hervé Morin. Cette somme sera toutefois loin d’égaler la fortune amassée par Hervé Morin (voir ce post).

L’image et le mot de la fin ?

Affaire Chauprade. Jean Guisnel et Hervé Morin

21 mai, 2009 à 12:12


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